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Lauréats & Nominés 2010
Le Lauréat du Prix de Musique Polaris 2010 - Karkwa

Artiste : Karkwa
Album : Les Chemins De Verre
De : Montréal, QC
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Dès les premières secondes de l’album Les Chemins de verre, ça crépite, littéralement. La mèche est allumée, et les 47 autres minutes nous prouveront que ce troisième disque de Karkwa n’est pas un pétard mouillé. J’y ai trouvé ce que j’aime le plus dans la musique. Des mélodies tueuses, des textes pas cons du tout, des guitares qui n’ont pas peur d’être acoustiques de temps en temps, et cette impression de communion de groupe -- en particulier sur Marie tu pleures, enregistrée d’un trait dans un vieux manoir Français. Le chanteur Louis-Jean Cormier, qui fait habituellement vibrer sa voix cendrée dans des octaves relativement basses, ose sur ce disque des notes plus aiguës que jamais, évoquant au passage Fleet Foxes, Bon Iver, les Beach Boys ou même le bon vieux prog québécois d’Harmonium. Sur ces Chemins de verre – référence aux milliers de kilomètres de route parcourue en tournée –, on sent que les cinq musiciens ont écrémé leurs compositions, évitant de constamment jouer beaucoup et fort, laissant un peu d’air à travers leurs notes. Quelque part, les Montréalais jettent enfin par-dessus bord les références radiohead-esque, et sculptent de plus en plus leur personnalité.

Phllippe Papineau, Le Devoir, Montreal


Liste des Finalistes du Prix de Musique Polaris 2010

Artiste : The Besnard Lakes
Album : The Besnard Lakes Are The Roaring Night
De : Montréal, QC
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Au beau milieu d’une mer d’instrumentations psychédéliques et de distorsions shoegazey, les meneurs de The Besnard Lakes, Jace Lasek et Olga Goreas, rendent hommage à la perfection pop des temps jadis avec leurs harmonies vocales prodigieuses menant la danse. Evoquant un instant Pink Floyd et l’autre les Bee Gees des années 70, la formation montréalaise revisite la tradition prog-rock avec des morceaux forts tels que «Like the Ocean, Like the Innocent Pt. 2: The Innocent » et « Glass Printer ». Sombre mais invitant, le disque est un tourbillon d’accords denses et de nuances cosmiques. Cordes célestes et synthés chatoyants se défendent aisément face aux guitares imprégnées de réverbération et les roulements de batterie tonitruants. En fait, il n’y a pas un seul refrain ou accord maladroit sur cet album grandiloquent.

The Besnard Lakes sont véritablement révolutionnaires sur The Besnard Lakes Are the Roaring Night, mais leurs improvisations atmosphériques et tentaculaires épousent toujours une certaine sensibilité classique, ce qui rend cette œuvre ambitieuse aussi innovante qu’intemporelle.

Jenny Charlesworth, Georgia Straight, Vancouver


Artiste : Broken Social Scene
Album : Forgiveness Rock Record
De : Toronto, ON
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Le pardon. Un mot lourd de sens s’il en est. Des échos de ruptures et de réconciliations se trouvent dans le nom même de Broken Social Scene - mais si tant est que le groupe en constante mutation ait peut-être des choses à se faire pardonner, Forgiveness Rock Record n'en fait pas partie. Tout ce que nous avons appris et aimé à propos de BSS est là : les grands hymnes épiques, les étranges passages expérimentaux, les instincts pop. Et pourtant l'album révèle un groupe toujours en train de repousser les limites de sa propre créativité abondante. Le fait qu'ils puissent passer de “Forced to Love”, morceau punk qui fait lever le poing, à l'électro-pop mélodieuse de "All to All" sans que la juxtaposition ne semble dissonante, prouve la puissance du collectif. Même avec certains amis célèbres de BSS relégués au second plan cette fois ci, Forgiveness Rock Record nous rappelle que l'union fait la force. Il se peut qu’il ait été pensé comme une tentative pour se faire pardonner - à la place il résonne comme un album qui ne sera pas oublié.

Tabassum Siddiqui, freelance journalist, Toronto


Artiste : Caribou
Album : Swim
De : Dundas, ON
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Sur Swim, la sensibilité psychédélique des années 60 de Caribou et son amour pour la musique dance se rencontrent, afin de créer un album riche et délicat qui vous donne aussi le goût de danser. Nul part cela n'est plus évident que sur le morceau d'ouverture, Odessa. Les premiers accords sonnent comme un bouillonnement venu des profondeurs se dirigeant vers nous, une flûte s'agite de gauche à droite et revient au point culminant du morceau où la voix fragile de Snaith nous compte l'histoire d'une femme qui rêve de quitter son amant. Mais, malgré les touches fragiles d'Odessa, on ne peut s'empêcher de bouger la tête. Tout au long de Swim, les cuivres, les bois, les bols chantants et même la voix humaine sont incorporés puis déformés, transformés et changés en de nouveaux sons et structures, créant des chansons qui incitent à la fois à se frotter le menton et à taper du pied. Un album qui satisfait ces deux envies est vraiment une bête rare.

Amanda Farrell-Low, Monday Magazine, Victoria


Artiste : Dan Mangan
Album : Nice, Nice, Very Nice
De : Vancouver, BC
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Une drôle de dichotomie habite l’auteur-compositeur-interprète Dan Mangan. Il compose des chansons folk plutôt pop (sans être mielleuses), abordant souvent le quotidien (sans verser dans le « Lynda-Lemayisme ») et qui atteignent la cible (à tout coup). Donc, Du folk pop « mollo », oui, mais qui fait tout un tintamarre.

Élaborons. Nice, Nice, Very Nice, est, comme son titre l’indique, un compact sympa qui évite surtout, et avec brio, les pièges du genre affectionné par Mangan. Au niveau des instrumentations, par exemple, l’artiste surfe habilement sur la ligne entre « ze » pièce qu’on pourrait découvrir sur le « mix tape » d’un mélomane snobinard et le tube qu’on retrouve bientôt sur la trame sonore d’un quelconque film à succès pour adolescents. Après tout, on le compare autant à Woody Guthrie qu’aux Weakerthans!

Côté vers, bien que j’entends des échos de ceci ou de cela dans l’œuvre de Mangan, le disque charme, car il est tout simplement désarmant. Sans jamais verser dans la simplicité volontaire, Mangan s’avère être tout un raconteur (« Tina’s Glorious Comeback » décrit autant le nightlife des hipsters de Vancouver que de ceux de Montréal, par exemple). Et lorsqu’il se fait plus introspectif, le chanteur émeut sans avoir recours à des clichés trempés dans l’eau de rose.

Et le plus beau dans tout ça, c’est que le produit final demeure sans prétention.

Bien, bien, très bien joué, Dan Mangan.

André Péloquin, BangBangBlog, Montréal


Artiste : Owen Pallett
Album : Heartland
De : Toronto, ON
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En surface, le chef d'oeuvre conceptuel d'Owen Pallett est une compilation de monologues par un fermier ultra-violent nommé Lewis. Malheureux de son sort, Lewis raconte ses épreuves et tribulations dans le monde mythologique de Spectrum, alors qu'il en vient aux prises avec son propre créateur, Owen Pallett. Cependant, comme dans toute grande odyssée, Heartland - et les personnages et les vies qu'il dépeint - n'est pas juste une histoire intelligente et complexe mais plutôt une allégorie des relations, à la fois physiques et théoriques, que nous, en tant que société, choisissons de reconnaître, d'accepter et de confronter. Fort de cordes luxuriantes, d’ornements de claviers électroniques et de percussions propulsives, Pallett redéfinit avec Heartland la musique pop orchestrale, évitant la composition traditionnelle de ses premières oeuvres en tant que Final Fantasy, au profit de morceaux plus denses, qui sont à la fois immédiats et surprenants après plusieurs écoutes. Enivrant, grandiose et pourtant extrêmement sage, Heartland est l'oeuvre la plus réussie de Pallett, ancien gagnant du Prix Polaris.

Jonathan Dekel, Spinner, Toronto


Artiste : Radio Radio
Album : Belmundo Regal
De : Grosse Coque, NS, Moncton, NB, Pointe-à-l'église, NS
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Dans un monde globalisé, les livrets avec traduction qui accompagnent les albums font partie intégrante du processus d’écoute. Pour le trio acadien Radio Radio – basé à Montréal ou Atlantis dépendant du jour de la semaine – un glossaire de mots français traduits à l’intention des francophones est inclut dans leur second album extrêmement divertissant, Belmundo Regal. C’est dire quelle est la confusion engendrée par les rimes en dialect Chiac, lancées par Jacques Alphonse Doucet, Alexandre Arthur Bilodeau et Gabriel Louis Bernard Malenfant. Pourtant, malgré tous les grattements de tête qui peuvent accompagner le lyrisme dynamique du trio, c’est le mélange dansant de sons joués et échantillonnés qui a pris possession de l’épine dorsale des auditeurs à travers le Canada et au-delà. Déjà lauréat de plusieurs prix au Québec, cet album, en quelque sorte conceptuel, à propos d’un étranger mystérieux originaire de l’île Oak, Nouvelle-Ecosse, gardera sans aucun doute votre esprit et votre mojo occupés pour les temps à venir. C’est probablement l’un des albums les plus festifs que vous aurez l’occasion d’écouter cette année. Francofun d’une côte à l’autre !

Stuart Derdeyn, The Province, Vancouver


Artiste : The Sadies
Album : Darker Circles
De : Toronto, ON
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Menaçant mais euphorisant. The Sadies se spécialisent dans le doux-amer, un équilibre que le groupe maintient sur Darker Circles. Le successeur de New Seasons, sorti en 2007, voit The Sadies à la fois plus profonds, plus sombres, plus beaux et plus lourds que jamais, en fait, c'est la parité parfaite entre peine et plaisir. Sérieusement, des chansons telles que Another Day Again, Cut Corners et Violet and Jeffrey Lee me font pleurer à la fois des larmes de joie et de peine. C'est quelque chose dans le son de guitare des frères Good qui me rend sentimental. En tant qu'ancien punk d'un petit village de campagne, ayant passé une bonne partie de sa vie évanouit dans un champ de blé, la résonance de leur country rock cosmique est une musique qui me parle vraiment. Un peu de country, un peu de rock'n'roll tel que le chantait un autre duo de frères. Que vous aimiez les Beatles ou le bluegrass, je suis sûr que vous ressentirez la même chose.

Jared Story, Uptown, Winnipeg


Artiste : Shad
Album : TSOL
De : London, ON
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Pas de jurons. C'est bon. Références subtiles à la culture pop. C'est bon. Discours positif et inspirant. C'est bon. MC Shad, originaire de London, ON, avait déjà établi ces caractéristiques sur son premier album, finaliste du Polaris en 2008, The Old Prince, et elles font toujours partie intégrante de son charme. TSOL est le deuxième album de Shad à être sur la liste des finalistes, mais il n’a rien d’une redite prudemment calculée. Sonoriquement, The Old Prince s'inspirait généreusement de l'esprit jazzy du hip hop de la Côte Est du milieu des années 90, alors que TSOL est plus proche du côté lourd et pompeux de l'ère de The Blueprint, Shad exhibant un penchant pour le déploiement équitable de tables tournantes frénétiquement précises et d’arrangements de cordes grandiloquents.
Ses paroles inventives, qui évoquent des batailles de hockey imaginaires, nomment Mordecai Richler, et révèlent fièrement la descendance rwandaise de Shad, s’emboitent naturellement avec l’attitude auto-dérisoire inimitable du MC. Tandis que son assurance grandie infuse les paroles du faussement bagarreur “Yaa I Get It,” thématiquement TSOL se penche sur le respect de la collectivité plutôt que sur l’auto-affirmation. Que ce soit en abordant directement la question de l’égalité des sexes ou en faisant brièvement référence au combat universel que nous menons tous pour sortir du lit, TSOL de Shad est un rappel charismatique et sincère, même pour les plus cyniques d’entre nous, de l’importance de poursuivre obstinément sa propre voie.

Del Cowie, Exclaim, Toronto


Artiste : Tegan And Sara
Album : Sainthood
De : Vancouver, BC, Montréal, QC
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Sur Sainthood, Tegan and Sara implorent magnifiquement votre pardon, confessant leurs péchés, avouant qui elles n’ont pas oublié et qui elles ne devraient pas aimer. Auparavant, les jumelles utilisaient leurs harmonies Wilson-Phillipsesques pour créer des chansons folks telles des hymnes, popularisées par la trame sonore de Grey's Anatomy. Ici, elles se réservent chacune un solo, mettant toutes leurs tripes dans des refrains pop piquants, perçants comme des anneaux. Le divorce dans la jeune vingtaine est traité comme une tragédie Shakespearienne sur « Nightwatch », décriant "je mérite cette détresse sur mon foyer!", tandis que le tropicalien "Alligator" prône que l'amour consiste à pleurer des larmes de crocodiles. Leurs influences sont aussi diverses que Madonna ("Paperback Head" : "a material girl") et John Hughes, (“On Directing”, “go steady with me, I get talkin’ like a teen”), pourtant les pages de journaux intimes n’ont jamais paru aussi faites pour être chantées dans une aréna. Polaris, voici Sainthood, un album dédié à l'auditeur adolescent qui refuse de déroger à ses convictions. Il était temps que Jeanne d'Arc ait une page MySpace.

Chandler Levack, freelance journalist, Toronto


Liste de Présélection du Prix de Musique Polaris 2010

Apollo Ghosts - Mount Benson
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Bahamas - Pink Strat
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The Besnard Lakes - The Besnard Lakes Are The Roaring Night
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Blue Rodeo - The Things We Left Behind
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Brasstronaut - Mt. Chimaera
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Broken Social Scene - Forgiveness Rock Record
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Basia Bulat - Heart Of My Own
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By Divine Right - Mutant Message
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Caribou - Swim
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Jason Collett - Rat A Tat Tat
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Crystal Castles - Crystal Castles (ll)
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Amelia Curran - Hunter Hunter
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Fred Fortin - Plastrer La Lune
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Frog Eyes - Paul's Tomb: A Triumph
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Hannah Georgas - This Is Good
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Ghostkeeper - Ghostkeeper
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Holy Fuck - Latin
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Karkwa - Les Chemins De Verre
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LeE HARVeY OsMOND - A Quiet Evil
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Greg MacPherson - Mr. Invitation
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Dan Mangan - Nice, Nice, Very Nice
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Misteur Valaire - Golden Bombay
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The New Pornographers - Together
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Owen Pallett - Heartland
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Plants And Animals - La La Land
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Radio Radio - Belmundo Regal
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Justin Rutledge - The Early Widows
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The Sadies - Darker Circles
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Shad - TSOL
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Elizabeth Shepherd - Heavy Falls The Night
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The Slew - 100%
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Meaghan Smith - The Cricket's Orchestra
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South Rakkas Crew - The Stimulus Package
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Tegan And Sara - Sainthood
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The Wooden Sky - If I Don't Come Home You'll Know I'm Gone
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Hawksley Workman - Meat
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You Say Party - XXXX
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Young Galaxy - Invisible Republic
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Yukon Blonde - Yukon Blonde
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Zeus - Say Us
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